14 février 2008

Mindelo muito bonito, tout de drèt, tranquilo !

Naviguer, c’est bien ! Ramener du poisson en route, c’est mieux !
Nous quittons la Palmeira avec un fort vent arrière, effet thermique sur l’île de Sal : nous avançons à 6 nœuds avec 3 ris dans la grand voile sur les 15 premiers miles. La nuit est tranquille, nous relançons la toile et barrons aux étoiles. Rappelons que nous n’avons plus de pilote automatique et que nous nous rendons justement à Mindelo sur l’île de Sao Vicente pour le réparer.
Au petit matin, Yves remonte une belle dorade coryphène : quelques bons repas en perspective ! A l’arrivée au mouillage nous en donnons une partie à Talabao, nos amis du gang Brestois, que nous sommes contents de retrouver.

Dès qu'on met le pied à terre, on est assaillis par les locaux qui nous proposent de nous rendre un service, de nous vendre quelque chose ou simplement mendient à manger, un grog, ou de l’argent. Pas facile pour nous de trouver la juste attitude pour leur répondre. Mais contrairement à ce qu’on entend parfois sur le Cap Vert et surtout Mindelo, nous ne rencontrons aucune agressivité.







Mindelo Carnaval
Le carnaval commence très vite, les rues se remplissent de monde, de sons et de couleurs. Dans la baie de Mindelo, nous nous trouvons aux premières loges pour en profiter (Christal est juste à côté du bras gauche de la demoiselle en rose sur la photo).
4 jours de baroule au rythme des batoukadas et des chansons Capverdiennes.

Chaque association, chaque quartier est représenté : homosexuels, fabricants de chaussures, école, gymnastes…

Voici en images :

- Un char d’enfants avec des princesses au cœur des fleurs :
- Un char nénuphar
- Les hommes de boue

- Les indigènes et service d’ordre

- Une barbie® à plumes

- des militants écolos (il faut dire que le capverdien jette tout dans la nature) :

- Pedrach, un des plus forts footballeurs acrobatique professionnel et aussi chanteur -guitariste-auteur-compositeur !

- et beaucoup d'autres encore :




- ou encore un flic en robe bien alcoolisé établissant un contact radio avec les martiens à 10 heures du matin

- des échoppes de ravitaillement pour le petit creux :


La vie au mouillage de Mindelo :
En dehors de la fête nous reprenons les joies du mouillage : dépoussiérage du pont, plein d’eau, d’essence, marché aux légumes et aux poissons…

Même en dehors du carnaval, l’activité culturelle est riche à Mindelo : concerts, artisanat, fresques sur les façades… la fête continue !

7 février 2008

La pause Palmeira

A notre arrivée peu enthousiasmés par cette côte très ventée et où la brume de sable masquait le soleil, nous sommes finalement restés trois semaines au mouillage de Palmeira qui mérite bien trois étoiles.

Sur l’île de Sal, tout ressemble au désert avec un maximum de sable et un minimum de végétation. L’île est entièrement plate en dehors des quelques bosses volcaniques qui ne dépassent pas 300 mètres.
Depuis Espargos, la capitale de l’île qui dispose aussi de l’unique aéroport international du Cap Vert, rayonnent trois routes goudronnées pour les principaux sites du bord de mer, pour visiter le reste, il faut se contenter de pistes caillouteuses et en tôle ondulée.


Au sud, à Santa Maria, le tourisme s’est bien développé : plage de sable blanc, kite-surf et bars à gogo tenus par des italiens.

Nous avons particulièrement apprécié les salines.
Jadis exploitées par les salins du midi, ancien territoire français par conséquent, nous nous trouvons devant le décor lunaire de cette exploitation laissée à l’abandon. Des bassins d’eau de
mer tapissent le cratère du volcan, un vestige de téléphérique en bois traverse le tout pour l’acheminement du sel vers le port de Pedra de Lume où on trouve encore les péniches rouillées sur le quai et les ruines d’un village du passé.








Palmeira, où Christal a mouillé l’ancre, est le port commercial de l’île, avec ses cargos et ses
containers, son usine de désalinisation d’eau de mer et sa rafinerie shell qui a planté ses cuves juste derrière la plage. Mais c’est aussi un charmant village avec des rues pavées, des pêcheurs et des habitants chaleureux qui vivent dehors. Il y a aussi tout ce qu’il faut pour le confort du voyageur : douche, laverie, internet, épiceries, bon pain, restaurants (nous goûtons la « catchoupa » à base de mil) et les bars où le rhum local (punch, cortada et grog) coule à flots.


Pierre (de Peter Pan cf
http://www.peterpantrip.blogspot.com/) et Zic reviennent de la pêche vers 13 heures, et nous apportent directement au bateau sards, garoupes, perroquets ou cavales. Yves fait son apprentissage en pêche sous-marine et, après quelques poissons ratés de peu, il revient avec le poisson au fusil. Nous découvrons dans la casserole de nouvelles variétés : rouget, baliste.





La vie au mouillage est résolument bien tranquille. Nous apprécions le petit bain de mer quotidien depuis le bateau. Le matin, le nettoyage concerne surtout le pont qui se colore du sable orange apporté par le vent. Les après-midi peinture-lecture-musique vont bon train. Et le soir, nous avons même le luxe de pouvoir regarder un film, car le soleil vient recharger nos batteries quand l’harmattan se calme. Et puis à l’occasion, on se retrouve à bord des autres bateaux ou au bar internet. Ou encore on mange tous ensemble le barbecue sur la plage avec les enfants du village.


19 janvier 2008

Canaries – Cap Vert

Préparatifs
C’est depuis l’île de el Hierro, que nous prenons le départ de cette traversée. Nous avions quitté la Gomera pour nous amariner un peu et gagner le port de la Rastinga, situé le plus au sud des îles Canaries, point de départ idéal car nous n’avons que 726 miles à parcourir. Petit plein de produit frais, pain et eau, et on est partis !
Un peu déçus tout de même de ne pas prendre le temps de visiter cette île magnifique, mais la météo est là et peut-être qu’elle ne nous attendra pas.

Tranquilo

Départ le mercredi 9 janvier 2008 à 13h30, bonne année à tous au fait !
Le premier jour est relativement calme, mais Yves prend tout de même un ris dans la grand voile dès le départ, car on sait que le vent va monter.

Modérato
Effectivement, la nuit, à trois heures du matin, Yves prend le troisième et dernier ris, et le génois est réduit à un tiers. Julie se demande en prenant son premier quart ce qu’on va bien pouvoir réduire si ça continue de monter…
Jeudi matin, Toto, notre pilote automatique rend l’âme, lâchement. Yves sort Toto l’Ancien, un vieux pilote de 15 ans qui sert de secours. Mais Toto l’ancien a vécu, et il nous faut l’économiser, c’est-à-dire barrer en permanence… Toto nous servira pendant les quarts à lâcher la barre pour boire un thé, car la nuit, il nous faut tenir trois heures pendant que l’autre se repose.
Après-midi plus calme, dauphins et jus de fruit à l’heure de l’apéro, ils s’éclatent en faisant des triples-flip en back-side plus slide en sortie de vague. Nous recommençons à surfer nous aussi et ce sera comme ça tout du long. Nous enchaînons les performances de vitesse de pointe, finalement : 14,4 nœuds au compteur GPS, c’est pas mal !
Vendredi : On roule et on déroule le génois car le vent ne cesse de changer d’intensité tout en restant dans la catégorie « musclé ». Ca secoue, mais ça avance, nous dépassons chaque jours les 100 miles par 24 heures.
Samedi : Poissons-volants, on s’occupe comme on peut car on trouve le temps long et on commence à faire des hypothèses sur notre heure d’arrivée : de jour ou de nuit ? Julie arrête ses pilules magiques (sturgeron) contre le mal de mer (c’est déjà la troisième marque qu’elle essaye), enfin amarinée, c’est le bonheur ! Elle n’est pas un sujet chronique pour le mal de mer et peut recommencer à faire la cuisine et la vaisselle.

Fortissimo
Dimanche : Ca monte et les vagues déferlent dans le cockpit, nous faisons sécher les chaussettes. Sinon pas d’eau à l’intérieur, les réparations ont tenu. Un bémol, le pont se fendille à nouveau au niveau de la cadène bâbord…
Lundi : Nous fêtons les 100 derniers miles avec une petite bière en guise d’apéro. Nuit mouvementée, le vent souffle à 35 nœuds avec rafales, Yves roule complètement le génois en attendant que ça se calme. Cette nuit, c’est lampe torche sur le compas, c’est plus triste qu’avec les étoiles.
Mardi : Notre dernière journée est difficile avec courbatures, ampoules aux mains et fatigue. L’île de Sal et ses deux volcans apparaissent au loin dans le brouillard qui est vient d’un vent de sable du Sahara, l’Harmattan.


Arrivadoch'
Après 6 jours de navigation, toujours sur le même bord et avec le même cap (200°), nous mouillons l’ancre à 15 heures dans la baie de la Palmeira, où nous retrouvons avec plaisir les amis de Talabao, Kanatao et Peter Pan.
DOOOOOOOORMIIIIIIIIR !

Arrivés : pas frais mais contents

5 janvier 2008

Fêtes de fin d’année aux Canaries




Gran Canaria, le minéral avant les fêtes
La vie de ponton, c’est bien, mais après quelques semaines de vie citadine, notre besoin de nature s'est fait sentir et nous a amené à louer une superbe Logan® pour parcourir l’île. Sur les conseils des Ratatons qui sont depuis plusieurs mois de véritables résidents canariens, nous avons visité l’ouest de l’île.



Au programme : descente et montée des barancos (vallées creusées par des cours d’eau fantômes), en voiture plus qu’à pied. Ici, le pied des montagnes est aride et plus nous montons, plus les paysages sont verts. De superbes pins poussent à partir de 1000 m. Yves conduit le regard orienté sur les majestueuses falaises qui nous surplombent à la recherche d’un nouveau paradis de l’escalade.

Tenerife, la neige pour noël
C’est une superbe navigation de 12 heures avec 70 miles parcourus qui nous amène au sud de Tenerife, le soir du réveillon de noël. Le port de las Galletas, notre objectif, s’est finalement transformé en port de San Miguel qui se trouve 2 miles avant et ne figure pas sur nos cartes. En arrivant, nous avons donc dû demander où nous nous trouvions aux seules âmes sorties de leur bateau, abandonnant brandade de morue pour nous accueillir.
Heureux d’être arrivés, nous avons ouvert nos cadeaux, entre le Cava (champagne espagnol) et caviar (tarama russe).
Ici se trouve le point culminant de l’Espagne, le Teide, 3718 m, où nous décidons de partir en grand trekking pour la journée. Nous ne suivons pas les touristes germaniques qui se pressent en grand nombre pour le téléphérique du Teide, en plus c’est cher et nous n’avons pas la « carte gens du pays ». Et de toute façon, pour randonner sur ce sommet, il nous faudrait une autorisation, d’autant plus qu’il vient de neiger et que la glace est très dangereuse !!
Nous choisissons dons les sentiers du Guajara, 2715 m et nous avons aussi de la neige, pour un lendemain de noël, c’est parfait !
Ascension avec un poil de neige sous le vent de l’arête

Mer de nuages face à Gran Canaria, à 70 km

La Gomera et sa verdure pour la nouvelle année

Pour venir à la Gomera, pétole, il a fallu mettre en route le moteur, et en contrepartie, c’est avec une petite bonite que nous avons passé la jetée de San Sebastian de la Gomera.





San Sebastien face au Teide de Tenerife à 40 km


Ici les randonnées sont encore plus vertes et humides, nous croisons pour la première fois des ruisseaux et des champignons depuis notre arrivée aux Canaries.








L’absence de vent permet à la chaleur de revenir et nous reprenons la baignade, la neige et le froid, ça va bien un temps, même à cette période de l’année !


L’après midi du 31 décembre, comme pour chaque baignade, Yves, plus frileux, met plus de temps que Julie à entrer dans l’eau. Il en est aux genoux, lorsqu’il entend un cri perçant s’échapper du Tuba de Julie qui vient de voir sous ses palmes une raie immense (environ 1,50 m de diamètre). Une belle frayeur !
L’équipage de la Belle Verte nous a rejoint, Stéphane, Blandine, encore eux, et Flo, une amie venue passer ses vacances à bord. Nous réveillonnons ensemble au rythme de la cumbia et de l’électro locale.
Et puis le vent reprend et nous empêche d’aller mouiller au sud de l’île comme nous le souhaitions, alors, nous nous plongeons dans les BD de la Belle Verte, nous regardons les divx de la Belle Verte, nos voisins de ponton sont une véritable médiathèque !

19 décembre 2007

Merry Christmas from las Palmas

La vie de ponton et les réparations
Nous sommes ici à Las Palmas depuis bientôt trois semaines, mais comme le temps passe vite à cette latitude ! Nous avons déjà parcouru trois îles aux Canaries, il nous en restera quatre en partant d’ici, nous comptons aller à Ténérife, La Gomera et Hiero. La Palma étant située plus au nord, ne fera sans doute pas partie de notre route, fidèles à notre devise pour cet hiver : « toujours plus au sud ».
Tout d’abord, nous avons retrouvé ici beaucoup d’amis : les Ratatons, la Belle Verte, Carte Blanche, Pirouette, Kanatao et au fil des jours, nous faisons de nouvelles rencontres.
Parlons d’abord du ponton 5 où nous nous trouvons :
- Il y a ici Karim, un immigré marocain qui vit sur son bateau et travaille en boulangerie après avoir été mécanicien de marine. Il nous offre du pain tous les jours et parfois même du poisson ou de fameuses pâtisseries.
- A côté se trouve un flush poker (le même bateau que Christal) qui appartient à Patxi, accordéoniste confirmé qui apprend la technique à Julie.
- Un peu plus loin, les ratatons avec qui nous partageons quelques repas, balades et même le bébé : nous avons été promus nounous agrémentées pour Mademoiselle Noémie, la moussaillonne de Creac’h en culotte courte. Yves possède une technique imparable pour la calmer, « la roucoulette ».

De l’autre côté du bassin, il y a le ponton 16 avec La Belle Verte démâtée et en grands travaux pour refaire le barreau de l’épontille. Petit à petit, ce quartier s’agrandit, car les bateaux du mouillage sont venus s’abriter au port en prévision de forts coups de vent de sud annoncés. Tout le monde ici est en travaux. Il faut dire que c’est la dernière grosse ville avant les Antilles pour certains et l’Afrique pour d’autres comme nous.
Après notre dernier coup de vent, nous sommes bien résolus à remédier aux problèmes d’étanchéité du bateau. Cela signifie refaire certains travaux de l’hiver dernier, et d’autres modifications : deuxième hublot, rail du capot de descente.
Par ailleurs, le pont ayant un peu bougé au niveau des cadènes, il a fallu le renforcer. Les efforts ont été repris à l’intérieur sur la coque avec une fibre en kevlar et vectran résinée dans les coffres.
Autres petits travaux : vernis extérieurs du bois, retouches en peinture sur le pont, échelle de bain, porte souple pour la descente.




Nous avons tout de même trouvé un peu de temps pour nous remettre en forme : escalade, bain de mer. Aux Canaries, on prépare aussi noël, même si la neige ne fait pas partie du décor, nous avons été impressionnés par l’immense crèche de sable de la plage de las Canteras. Elément essentiel de notre entraînement : les sorties quotidiennes à bicyclette à la recherche d’un magasin bien spécial vendant des produits tout particuliers dont nous avons cruellement besoin pour nos travaux. Ici, il y a de tout, mais l’essentiel reste de le trouver.

Voilà, c'est noël partout dans le monde, alors, nous vous souhaitons de bonnes fêtes à tous depuis les Canaries.

2 décembre 2007

Mouillage tranquille et tempête des îles

Lanzarote, le retour
Après une semaine sous le charme de la Graciosa nous parvenons à larguer les amarres, et retournons dans des lieux connus et appréciés : Puerto Naos à Arecife, bien commode pour un plein de courses, et Puerto Calero, avec son confort parfait puisque nous découvrons que nous disposons même du wifi à bord !
La nuit suivante, nous mouillons tout à fait au sud de l’île de Lanzarote, à Playa Blanca, face aux plages de sable blanc. Ca roule un peu et Julie, brassée hésite entre manger assise ou allongée, à l’intérieur ou à l’extérieur …

Lobos, loups y es-tu ?
Avides de sensations nouvelles, nous espérons rencontrer les fameux loups de mer de l’île de Lobos. C’est pourquoi nous posons l’ancre au sud de l’île face au lagon. La première journée nous livre le spectacle de nombreuses navettes de touristes qui perturbent notre tranquillité : musique sur les bateaux, rondes de jet-skis, glissades sur le toboggan du catamaran… Que d’animation dans l’après-midi ! Juste une sortie pour nous avec palmes, masque et tuba pour vérifier l’ancre et admirer les poissons. En contrepartie le soir, nous restons seuls au mouillage et le calme est encore plus agréable. C’est pourquoi au petit matin, avant l’arrivage touristique, nous tombons de la couchette pour visiter l’île comme des robinsons. En annexe, nous nous faisons pourchasser par une raie-guitare et ensuite, Yves
propose d’aller surfer dans la vague face au lagon. Bonne idée car la vague est magnifique, mais l’annexe n’est définitivement pas un engin pour surfer, la vague nous retourne comme une crêpe et nous voilà tout mouillés… Pas de loups de mer pour finir, nous apprendrons plus tard qu’ils ont disparu dans le ventre de français affamés.

Fuerte Ventura, t’en pars pas comme ça…
Première halte à Puerto Coralero où nous retrouvons la même faune qu’à Lobos puisque nous sommes amarrés sur le ponton des navettes touristiques rencontrées la veille à Lobos. Nous prenons le bus pour visiter le petit port de Cotillo sur la côte ouest. Nous y découvrons quelques monuments historiques en pierre de lave du temps de la marine à voile, coincés au milieu de constructions récentes ou inachevées en béton. Cette côte est beaucoup plus sauvage qu’à l’est, avec des falaises et des plages à rouleaux. Cet endroit est tout à fait inhospitalier pour un bateau de plaisance, mais c’est un véritable paradis pour les surfeurs, wind-surfeurs et kite-surfeurs. Retour en stop, c’est plus rapide, plus convivial et moins coûteux. En traversant l’île, les champs et les moulins nous indiquent la présence de culture, mais comment font-ils pour irriguer, cela reste un mystère car le climat est toujours aussi aride.
Seconde halte à Puerto de Rosario, une ville commerçante proche de l’aéroport disposant d’un gros port de commerce. Cette fois, nous ne parvenons pas à sortir de la ville en stop. Tant pis, c’est à vélo que nous explorons les alentours.

Refus d’obstacle
Nous quittons l’île de Fuerte Ventura pour nous rendre à Grande Canaria, nous avons 110 miles à parcourir et la météo annonce un vent de nord, force 3 à 4. Seulement, au sud de Fuerte Ventura, il existe des zones où le vent s’accélère après son passage sinueux entre les volcans et nous subissons un vent de nord-ouest, force 6. Au près avec 2 ris dans la grand voile et la trinquette, les vagues montent sur le pont, le bateau s’élance au dessus de l’eau retomber en force sur l’eau, le vent siffle dans les voiles. Julie est pétrifiée sur sa couchette et Yves éponge l’eau qui commence à s’infiltrer et s’accumule dans les coffres. Finalement, à 23 heures, nous ne sommes plus qu’à 39 miles de Las Palmas, mais nous décidons de rebrousser chemin car les conditions ne s’améliorent pas. Le retour au vent de travers est là aussi bien musclé et Yves doit tenir la barre pour soulager Toto, notre pilote automatique, qui peine sacrément.
Nous trouvons refuge à Morro Jable où les gardiens du port sont étonnamment très nombreux à nous accueillir au milieu de la nuit. Nous ne resterons pas dans ce port où le prix est anormalement élevé malgré l’absence d’eau, de douche et d’électricité. C’est avec amertume que nous reprenons la mer à la recherche d’un meilleur endroit pour nous reposer. C’est au prix de 5 heures de près musclé, avec 3 ris dans la grand voile et trinquette que nous finissons par trouver notre petit coin de paradis, à Grand Tarajal, accueillis sur un ponton immense et tout neuf, par une équipe de jeunes retraités français fort sympathiques. Une bonne douche et une excellente entrecôte offerte par Marc et Dany, et nous voilà remis de nos émotions « yachting musclé ».



Las Palmas, cette fois, ça passe.
Nous voilà repartis pour Las Palmas : une demi-journée jusqu’à Morro Jable, soit 25 miles, puis une grande journée de navigation par vent de travers avec 5 à 10 nœuds de vent. Cool Raoul, nous le petit temps, on adore ! Yves est heureux de pêcher une jolie bonite.
Arrivés au port à la tombée du jour, nous choisissons une pendille sur le ponton où se trouve Creac’h. Nous sommes bien heureux de revoir Claire et Jérome, les Ratatons qui sont maintenant parents de Noémie.

15 novembre 2007

Quand t’es dans le désert…

Comme vous le savez déjà, nous sommes aux Canaries, sur les îles les plus à l’est de l’archipel, c’est-à-dire les plus proches du Maroc. Ces îles volcaniques sont très arides et depuis quinze jours, il n’a pas plu une goutte. Par contre le vent est ici toujours assez fort et se calme parfois la nuit. Après notre nuit au mouillage sur l’île de la Graciosa, l’ancre a fini par chasser à cause du vent. Nous avons donc repris la mer pour longer l’île de Lanzarote, et nous arrêter à Puerto Naos, le port commercial de la ville d’Arecife, capitale de l’île. De nuit, encore beaucoup de bateaux et de mâts, pas de place pour jeter l’ancre. C’est donc sur une vieille barge, un gros ponton flottant, que le bateau est finalement amarré. Beaucoup d’épaves nous entourent dans le port, c’est venté mais bien protégé. C’est un endroit parfait pour un entretien de Christal.
Mais pour commencer, repos et tourisme, car nous n’avons pas encore récupéré de nos cinq jours de mer depuis le Portugal. En stop dans la même Renault Express à l’aller comme au retour, nous nous rendons à Jameos del Agua, des grottes volcaniques remplies d’eau où vivent des crabes blancs, aveugles, que l’on trouve normalement par 5000 m de fond. Un lieu imaginé par l’artiste local César Manrique, un endroit très zen, où nous découvrons une atmosphère de quiétude et une sensation d’harmonie avec le milieu qui nous entoure.
Retour sur Christal pour un petit entretien d’usage. Ce qu’on recherche en bateau, c’est l’autonomie en eau et en électricité. Pour l’eau, on a presque 150 litres, ça représente 15 jours si on fait attention. Pour l’électricité, nous avons installé un grand panneau solaire à l’arrière, inclinable : ça fonctionne à merveille, finies la lampe à pétrole et les restrictions de musique. Avec une nouvelle turbine de refroidissement (il manquait 2 pales sur six à l’ancienne), le moteur est lui-aussi servi : nous le bichonnons un peu depuis nos mésaventures du Portugal…
Enfin prêts à nous éloigner d’un point d’eau et d’électricité, nous retournons à la Graciosa. Là, nous retrouvons la Belle Verte de retour du Maroc. Nous nous amarrons à un ponton équipé de bornes fantômes en place depuis plusieurs années, le port n’ayant jamais été terminé. C’est avant tout un port de pêcheurs à l’eau limpide (visibilité à 7 m) et très poissonneuse. Les habitants de la Graciosa sont surnommés les italiens par ceux des autres îles.
Au dessus du petit village de la Sociedad, dominent 4 volcans (266 m d’altitude maxi). Au nord de l’île, une plage de carte postale, quoique la baignade y soit plutôt musclée avec de gros rouleaux qui vous enfouissent dans le sable jusqu’aux oreilles.


En gros, ici, toutes les journées commencent par une grasse matinée, de bonnes tartines sur du pain aussi bon qu’au pays, une petite plongée du matin parmi les poissons-perroquets, les raies-guitare et autres demoiselles.
Nous avons eu le plaisir de faire un petit tour en bateau avec l’équipage d’Akéla (Yann, Joseph, Christophe et Brigitte), un 50 pieds de course qui marche à 9 neuds dès que les voiles sont gonflées. Nous mouillons à l’est de l’île dans une crique magnifique. Après un bain parmi les poissons et un petit pique-nique, nous gravissons le volcan qui surplombe le bateau.
Tous est si parfait (y compris la place de port à 3,50 euros) qu’on n’a pas vraiment envie de partir d’un endroit comme la Graciosa… (combien s’y sont fait prendre !!!)


Vous comprendrez bien que c’est pour vous réchauffer un peu à l’approche de l’hiver que nous vous racontons tout ceci…